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La tradition veut que Pontivy ait été fondée au 7e siècle par son saint-patron, le moine breton Ivi. L'histoire a pour sa part retenu un destin exceptionnel qui la fit successivement capitale de la vicomté puis du duché de Rohan, place forte du protestantisme breton, acteur majeur de la Révolution, ville nouvelle au temps de Napoléon et de l'Empire.
Le château des Rohan © Ville de Pontivy, cliché Lionel Pilet
L'hospitalis de pontivi
La tradition désigne le moine breton Ivi comme le fondateur de Pontivy. Venu du monastère écossais de Lindisfarne au 7e siècle, il aurait édifié un oratoire sur les bords du Blavet puis jeté un pont sur la rivière, lequel aurait alors donné son nom au lieu : Pont Ivi.
Malheureusement, aucun témoignage ne peut attester ce récit popularisé par les historiens du 19e siècle. Saint-Ivy n'en est pas moins le saint-patron de Pontivy où il a, dans la ville ancienne, une chapelle à son nom.
En l'absence de vestiges, l'histoire de Pontivy se rattache tout d'abord aux écrits. La ville est citée pour la première fois dans une charte datée des 12e-13e siècle. Énumérant les possessions des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, elle mentionne l'hospitalis de pontivi.
Pontivy appartient alors à la vicomté de Rohan, née, au siècle précédent, du partage de la vicomté de Porhoët. Elle doit son nom au lieudit Roc'han où Alain, premier vicomte de la dynastie, a fait édifier son château.
Occupant un vaste territoire entre Oust, Scorff, Blavet et Ével, elle fournit en 1294 un contingent de cinq chevaliers au service militaire du duc de Bretagne.
Chef-lieu de la vicomté
Sceau du vicomte Jean 1er de Rohan en 1387 in Pontivy Napoléonville, 1987 © Ville de Pontivy
Durant une bonne partie du 14e siècle, la vicomté de Rohan vit au rythme de la guerre de succession de Bretagne. En 1341, les Rohan ont en effet pris le parti de Jeanne de Penthièvre, mariée à Charles de Blois et soutenue par le roi de France contre Jean de Montfort, soutenu par le roi d'Angleterre.
Dès 1342, Pontivy et Rohan sont prises et incendiées par le comte de Northampton. S'ensuivent deux décennies de troubles et de ravages qui se prolongent jusqu'à la mort de Charles de Blois, en 1364 et la signature du traité de Guérande, en 1365.
Rohan échoue-t-elle alors à se relever ? Pontivy paraît-elle désormais mieux située au centre de la vicomté ? Toujours est-il qu'en 1396, Alain VIII de Rohan reçoit l'hommage de ses vassaux à Pontivy qui devient chef-lieu de la vicomté.
Tout au long du 15e siècle, Pontivy est occupée à asseoir sa position au sein de la vicomté. En 1456, elle voit s'établir un couvent de l'ordre mendiant des Cordeliers. En 1485, un nouveau château puissamment fortifié est érigé sur un côteau dominant le Blavet. Le nombre de ses foires, l'importance de ses moulins, la dimension de ses halles, sont d'autres signes du rang qu'elle occupe désormais.
Réception du vicomte Jean II de Rohan à Pontivy, d'après Pierre Cadre © Ville de Pontivy, Collections municipales, cliché François Talairach
Cette période de tranquillité est à peine entamée par la guerre qui oppose, en 1487 et 1488, le duc François II au roi de France et qui aboutira, en 1491, au mariage d'Anne de Bretagne avec Charles VIII, premier pas vers la fin de l'indépendance bretonne. La ville a pourtant été assiégée et prise par le parti du duc de Bretagne. Mais dès 1490, elle retourne sans autres dommages aux Rohan qui avaient pris fait et cause pour Charles VIII.
La vicomté devient duché
Porche de la tour de l'église paroissiale, aux armes des Rohan © Ville de Pontivy, cliché Lionel Pilet
Le 16e siècle semble vouloir prolonger le précédent. En 1518, Pontivy reçoit la visite du roi François 1er et de la reine Claude de France. En 1534, elle construit une nouvelle église paroissiale avec sa tour.
Mais en 1562 débute les guerres de religion. Pontivy, où Henri 1er de Rohan a fondé une Église réformée en 1561, est un enjeu des combats que se livrent Catholiques et Huguenots. Le 3 décembre 1589, elle tombe aux mains de la Ligue et de ses alliés espagnols.
Elle le demeurera jusqu'à la promulgation de l’Édit de Nantes, en 1598, qui concède 150 lieux de refuge aux Protestants, parmi lesquels seize places de mariage dont le château de Pontivy. La ville est alors rendue aux Rohan.
Durant le 17e siècle, Pontivy connaît un nouvel essor. En 1603, la vicomté a été érigé en duché-pairie par Henri IV. Désormais, l'autorité du chef-lieu s'étend aux châtellenies de La Chèze, La Trinité et Loudéac.
Entre le château et le Blavet, le couvent des Récollets aujourd'hui disparu © Ville de Pontivy, Archives municipales, plan géométrique de la ville de Pontivy, 1781
Les foires de Noyal (la Noyale, la Houssaye, la Brolade) lui sont transférées. Des halles aux grains sont édifiées sur la place de l'Église. Les moines Récollets qui ont succédé aux Cordeliers construisent un nouveau couvent. Les Ursulines ouvrent une institution pour l'instruction et l'éducation des jeunes filles.
Le siècle n'a pas été exempt de maux : révolte du papier timbré en 1675 ; révocation de l'Édit de Nantes en 1685 ; épidémie de dysenterie en 1696. Mais à l'issue, Pontivy a conforté sa dimension de chef-lieu au centre du duché.
Deux députés à la Constituante
La première moitié du 18e siècle voit la reconstruction de l'hôpital, la création d'un champ de foire et, signe des temps, d'une promenade publique.
Mais l'économie en berne, les disettes à répétition, plongent la ville dans le marasme. La misère est extrême. En 1787, quatre habitants sur sept vivent dans la pauvreté, deux autres sont voués à la mendicité…
Pontivy, qui défend les revendications du tiers-état, accueille la Révolution avec ferveur.
Deux Pontivyens, représentant le tiers et le bas clergé, sont à Versailles le 5 mai 1789 pour l'ouverture des États Généraux. À partir du 9 juillet, tous deux siègent à l'Assemblée nationale constituante.
En janvier et février 1790, Pontivy accueille la fédération des volontaires nationaux puis des municipalités de Bretagne et d'Anjou. Elle y défend la constitution et l'unité de la Nation.
Monument de la Fédération, serment des Fédérés © Ville de Pontivy, cliché Lionel Pilet
Jusqu'en 1792, elle mène la bataille contre le domaine congéable, survivance du droit coutumier breton frappant les paysans du Morbihan, du Finistère et des Côtes-du-Nord.
Ni la Terreur, qui l'accable, ni les chouans, qui la menacent, ne parviendront à la détourner de son engagement. Alors que s'achève la Révolution, Pontivy est regardée comme une place forte républicaine au cœur de la Bretagne.
Ville nouvelle sous l'Empire
Pose de la première pierre de Napoléonville, le 12 août 1807 © Ville de Pontivy, Archives municipales, cliché François Talairach
Chef-lieu de district depuis 1790, Pontivy devient chef-lieu d'arrondissement en février 1802.
À l'automne de la même année, Napoléon Bonaparte décide d'y construire une ville nouvelle et de canaliser le Blavet jusqu'à Hennebont.
Pour le premier consul, il s'agit de mettre en œuvre un dessein pacificateur et civilisateur dans une région en proie aux troubles civils depuis près de dix ans.
Le 9 novembre 1804, Pontivy prend le nom de Napoléonville et le 12 août 1807 on pose la première pierre.
La réalisation de ce projet occupera pratiquement trois-quarts de siècle. Mais la transformation est radicale. Pontivy devient une ville moderne, parcourue de larges artères pavées et agrémentée de jardins.
Elle est désormais pourvue d'un lycée, d'une caserne, d'une prison, d'une mairie, d'une sous-préfecture, d'un tribunal et d'un théâtre. Aux édifices monumentaux répondent de vastes demeures bourgeoises.
De surcroît, elle est mieux desservie que jamais depuis qu'aux routes sont venus s'ajouter les canaux et le chemin de fer.
En cent ans, Pontivy double le nombre de ses habitants.
Entre nature et patrimoine
Établie dans une vallée, à la jonction du canal du Blavet et du canal de Nantes à Brest, Pontivy présente un relief prononcé, alternant collines, vallons et plateaux. Arrosé par de nombreux cours d'eau, à demi partagé entre des espaces naturels et un patrimoine bâti de qualité exceptionnelle, son territoire offre une synthèse réussie de la nature et de la ville.
Le Blavet, bief du centre ville © Ville de Pontivy, cliché Lionel Pilet
Un territoire de 24 km2
La Porte de l'hôpital marque l'emplacement du pont qui faisait autrefois la jonction entre la vile et le quartier de Tréleau © Ville de Pontivy, cliché Lionel Pilet
Ancienne cité castrale, Pontivy s'étendait autrefois sur quelques hectares de part et d'autre du Blavet. Assez curieusement son territoire se prolongeait alors d'environ cinq kilomètres vers le sud, sur la rive gauche du Blavet.
En bordure du Blavet, la porte de l'Hôpital, située dans le prolongement d'un pont aujourd'hui disparu, signale encore l'entrée du vieux quartier de Tréleau autrefois quartier des moulins et des tanneries.
En 1805, Pontivy s'agrandit aux dépends des communes de Stival, Neulliac et Noyal-Pontivy, avant de perdre à son tour une partie de son territoire au profit des communes du Sourn et de Saint-Thuriau, en 1869 et 1872.
Aujourd'hui, la superficie de Pontivy est de 2 485 hectares, soit 24 km2.
La cascade entre le quartier de Tréleau et l'île des Récollets © Ville de Pontivy, cliché Lionel Pilet
Les cours d'eau ont durablement façonné le relief et le paysage. Vallées, collines et plateaux s'étagent de 48 à 192 mètres d'altitude offrant des points de vue d'une grande diversité.
La vallée du Blavet qui serpente de Stival à Signan sur six à sept kilomètres entre deux fronts de collines constitue la composante majeure du paysage.
Pontivy présente un aspect verdoyant et arboré. 40% du territoire sont des terres agricoles, 10% des espaces naturels : prairies, landes (Kerficel), bois (Stival, Talhouët). Les talus et les chemins du bocage ancien ont le plus souvent été préservés.
La nature garde également toute sa place au centre ville. Aux squares, jardins, roseraie, promenades... s'ajoutent de vastes espaces verts comme celui de Toulboubou ou la coulée verte du Stiffel, tous deux arrosés par un ruisseau.
Routes, chemin de fer et canaux
Triskell (ici la liaison Pontivy-Saint-Brieuc) relie à quatre voies le nord et le sud de la péninsule © Ville de Pontivy, cliché Lionel Pilet
Le territoire de Pontivy est irrigué par un réseau routier particulièrement dense hérité des 17e et 18e siècles. À partir du centre dix voies départementales rayonnent en effet dans toutes les directions, structurant l'ensemble des dessertes.
Depuis 1992, une déviation nord-sud permet de contourner en partie la ville. Elle est en passe d'être complétée par une déviation nord-ouest.
La déviation nord-sud appartient au réseau du programme Triskell dont les trois axes à quatre voies, vers Saint-Brieuc, Lorient et Vannes se rejoignent à Pont er Moh en Pontivy.
La ligne de chemin de fer Auray-Saint-Brieuc dans sa traversée du centre ville de Pontivy © Ville de Pontivy, cliché Lionel Pilet
La ville est aussi traversée par la ligne de chemin de fer Auray-Saint-Brieuc. Venant d'Auray, elle fait son entrée dans Pontivy par la rive droite du Blavet puis elle gagne la rive gauche où un profond sillon marque sa traversée du centre ville.
Cette ligne est la seule voie ferrée reliant le sud et le nord de la péninsule. Dans sa partie morbihannaise elle est affectée au trafic de marchandises, notamment la circulation de trains complets de matières premières végétales. Un train touristique y circule également à la belle saison, le long de la vallée du Blavet, entre Auray et Pontivy.
La halte nautique de Tréleau © Ville de Pontivy, cliché Lionel Pilet
Depuis leur aménagement, au 19e siècle, Pontivy se trouve à la jonction du canal du Blavet et du canal de Nantes à Brest. Les voies navigables reliant Brest, Lorient et Nantes y forment un Triskell fluvial comparable au triskell routier reliant Saint-Brieuc, Lorient et Vannes.
La dernière péniche commerciale a fait son passage à Pontivy en 1964. Les canaux et leurs chemins de halage sont aujourd'hui dévolus à la plaisance, la promenade, la randonnée, le canoë-kayak et la pêche.
La ville ancienne
Château des Rohan, tour nord © Ville de Pontivy, cliché Lionel Pilet
Édifié sur un côteau dominant le Blavet au nord et à l'écart de la vieille ville le château des Rohan est le monument le plus emblématique de Pontivy. Sa construction date de 1485, période charnière de l'histoire des châteaux-forts avec l'apparition de l'artillerie de siège.
L'édifice présente deux enceintes carrées séparées par une douve sèche (sans eau), la première avec tours et remparts, la seconde formée d'une haute levée de terre. Remanié à la Renaissance, le château a été entièrement rénové de 1955 à 1972.
La vieille ville de Pontivy est structurée selon un axe est-ouest formé de la rue du Fil, de la place du Martray, de la rue du Pont et, sur la rive droite du Blavet, de la rue du Général Quinivet.
Au cœur de la vieille ville, la place du Martray, par Fernand Le Gout-Gérard © Ville de Pontivy, Collections municipales, cliché François Talairach
De part et d'autre de cet axe, des places (place Leperdit, place Anne de Bretagne, place Bisson, place Ruynet du Tailly, place Ernest Jan) marquent l'emplacement des halles et des marchés d'autrefois.
Les maisons en pans de bois et pierre, ou de pierre, souvent datées, représentent quatre cent ans d'architecture privée du 15e au 18e siècle.
À l'écart de l'agglomération, la campagne pontivyenne reste piquetée de villages et hameaux (Stival, Sainte-Tréphine, la Houssaye, Talcoët), témoins de l'habitat rural des 17e et 18e siècles.
La ville nouvelle
La place Aristide Briand © Ville de Pontivy, cliché François Talairach
Au sud de la vieille ville s'étend Napoléonville, ville nouvelle créée à l'initiative de Napoléon Bonaparte.
De facture classique elle suit un plan en damier dont la place Aristide Briand constitue le centre fonctionnel et symbolique. On y trouve en effet le siège des pouvoirs civils et judiciaires : sous-préfecture, palais de justice, mairie.
La rue Nationale © Ville de Pontivy, cliché Lionel Pilet
À l'opposé de la vieille ville, l'axe structurant, formé de la rue Nationale et de la rue du Général de Gaulle, est orienté nord-sud.
L'alternance entre le minéral (bâtiments et façades) et le végétal (squares et frondaisons) rythme la réalisation. Les liaisons avec la vieille ville sont l'objet de transitions soignées et subtiles qui se laissent à peine deviner.
La première pierre de Napoléonville fut posée en 1807. La construction des bâtiments publics s'est ensuite échelonnée sur un bon demi-siècle.
Dans le square Lenglier, l'église Saint-Joseph de style gothique flamboyant © Ville de Pontivy, cliché François Talairach
Le quartier de cavalerie a ouvert en 1811, la maison d'arrêt en 1813, la mairie en 1834, la sous-préfecture en 1839, le palais de justice en 1846, les halles en 1848, le théâtre en 1849, la nouvelle église paroissiale en 1869.
Le projet initial a subi une modification majeure avec l'arrivée du chemin de fer en 1864. La ville nouvelle fut alors amputée de sa partie est.
Mais Napoléonville conserve l'essentiel de son cachet, unique témoin de l'urbanisme napoléonien en Bretagne.
La ville contemporaine
Sur les hauteurs de Bolumet, dominant le Faubourg de Verdun, la Résidence du Vélodrome © Ville de Pontivy, cliché Lionel Pilet
À partir de la ville historique (vieille ville et ville nouvelle), l'urbanisation de Pontivy s'est tout d'abord faite en direction de l'est et de l'ouest sur les côteaux dominant la vallée du Blavet : Château-Gaillard sur la rive gauche, le Faubourg de Verdun sur la rive droite.
Dans les années soixante, la construction de logements HLM insuffle une dynamique nouvelle, l'urbanisation gagne alors les hauteurs de Bolumet, Château-Gaillard, Keropert. Puis, avec le développement de l'habitat individuel, elle se propage aux secteurs de Bellevue, Kerimaux, Kerjalotte, du Four à Chaux.
Au sud de la ville et sur la rive droite, le parc d'activité du Blavet © Ville de Pontivy, cliché Lionel Pilet
Ce mouvement s'accompagne de la création de nouveaux équipements publics : palais des congrès, parc des expositions, écoles, collège, lycées, gymnases, piscines, crèche, bibliothèque...
Parallèlement, des parcs d'activité se créent, au sud, le long du Blavet. En premier lieu, ils accueillent des entreprises du vieux quartier de Tréleau qui perd peu à peu sa vocation industrielle et artisanale.
De nos jours, l'urbanisation se poursuit en limite d'agglomération. Ainsi, deux-cent cinquante logements sont projetés aux abords de Bolumet sur la ZAC de Talin.
Près du lycée agricole du Gros Chêne, l'IUT de Pontivy © Ville de Pontivy, cliché Lionel Pilet
Dans le secteur du Gros Chêne, l'institut universitaire de technologie (IUT) et l'institut de formation en soins infirmiers (IFSI) ont rejoint le lycée agricole pour former un nouveau pôle de formation et de recherche.
Dans les secteurs déjà urbanisés (Kervers, Le Four à Chaux, Tréleau, Kerjalotte, Kerimaux), la construction de résidences collectives contribue pour sa part à densifier l'habitat.
Depuis de nombreux siècles, Pontivy est le principal point de passage du Blavet au nord des landes de Lanvaux. Au 18e siècle, deux ponts, le pont de Saint-Michel et le pont de l'Hôpital, permettaient de franchir le cours d'eau.Aujourd'hui, on en dénombre dix sur le Blavet et le canal de Nantes à Brest, dont sept ponts routiers, un pont métallique, un pont de chemin de fer et un pont écluse. Le plus récent a été ouvert à la circulation en 2005.
Urbaine en centre Bretagne
Pontivy exerce depuis plus de six siècles des fonctions administratives, judiciaires, commerciales, sanitaires et scolaires au centre de la péninsule bretonne. Cultivant cette vocation urbaine dans une région essentiellement rurale, elle est l'un des vingt-cinq principaux pôles de services bretons et un lieu d'échanges et de rencontres pour toute la Bretagne.
Six siècles de fonctions administratives et judiciaires © Ville de Pontivy, cliché Lionel Pilet
11e pôle de services breton
La sous-préfecture de Pontivy, construite à partir de 1807 © Ville de Pontivy, cliché Lionel Pilet
Chef-lieu d'arrondissement du département du Morbihan et de la région Bretagne, Pontivy est un pôle administratif et judiciaire au centre Bretagne, à la limite du Morbihan et des Côtes d'Armor.
Elle est siège d'une sous-préfecture, d'un tribunal d'instance du ressort de Lorient et d'une compagnie de gendarmerie du groupement du Morbihan.
La sous-préfecture de Pontivy administre un arrondissement de 10 cantons, 78 communes et 114 000 habitants.
À cette même échelle, la ville abrite également un Groupement territorial d'incendie et de secours.
Pontivy, troisième pôle commercial et industriel du Morbihan, accueille les trois chambres consulaires du département.
Par ailleurs, elle reçoit le siège de Pontivy Communauté (la communauté de communes de Pontivy, 24 communes, 42 000 habitants) et du Pays de Pontivy (45 communes, 77 000 habitants) dont elle est la ville-centre.
La Bretagne compte 25 principaux pôles de service dont le premier est Rennes. Principale agglomération du centre Bretagne, Pontivy figure au 11e rang régional et au 3e rang départemental avec une aire d'attraction de 87 000 habitants.
Université, recherche et compétitivité
Le lycée Joseph Loth, fondé en 1803 © Ville de Pontivy, clcihé Lionel Pilet
Les lycées de Pontivy constituent, avec leurs douze sections de techniciens supérieurs (STS), une des composantes du pôle d'enseignement supérieur.
Celui-ci comprend également un institut universitaire de technologie (IUT) de l'université de Bretagne sud (UBS), un institut de formation en soins infirmiers (IFSI) et un institut des forces de vente (IFV).
Du BTS (brevet de technicien supérieur) à la licence professionnelle, en passant par le DUT (diplôme universitaire de technologie), près d'un millier d'étudiants suivent ses formations dans les filières agricoles, tertiaires et technologiques.
Dans le secteur du Gros Chêne, le Centre universitaire de Pontivy © Ville de Pontivy, clcihé Lionel Pilet
L'IUT de Pontivy abrite une antenne du laboratoire lorientais d'études thermiques, énergétiques et environnement (LET2E) spécialisée dans les procédés de traitement des déchets et des effluents.
D'autre part, il anime, avec d'autres partenaires de la recherche, de l'enseignement, de la formation et de l'industrie, une plateforme technologique.
PRODIABIO - c'est son nom - a notamment pour objet de favoriser l'innovation et les transferts technologiques en direction des PME-PMI.
Pontivy fait partie de Valorial, le pôle de compétitivité agroalimentaire breton, centré sur la nutrition santé et l'aliment de demain.
Pôle social et de santé
Le futur hôpital du centre Bretagne © Centre hopitalier du centre Bretagne
Depuis 1994, l'hôpital et la polyclinique de Pontivy sont engagés, avec l'hôpital de la ville voisine de Loudéac, dans une profonde mutation de l'offre de soins hospitaliers.
Cette mutation doit aboutir, d'ici 2010, à la création d'un pôle de santé unique, public-privé, réunissant sur le même site les activités de médecine, chirurgie et obstétrique et les équipements lourds (scanographe, imageur à résonnance magnétique, angiographie numérisée) du 8e secteur sanitaire de Bretagne.
Le 1er janvier 2005, les centres hospitaliers de Pontivy et de Loudéac ont fusionné pour former le centre hospitalier intercommunal du centre Bretagne (CHCB). Celui-ci regroupe donc à présent l'ensemble des services hospitaliers publics du centre Bretagne.
Le siège du CHCB a été fixé à Pontivy, en attendant son transfert sur le nouveau pôle de santé, à Kério, à proximité de la quatre voies Pontivy-Loudéac.
Pontivy revendique un fort engagement dans le secteur social dont témoigne sa Maison de la Solidarité qui accueille, au centre ville, le Secours catholique, la Banque alimentaire, Accueil et partage et les Restos du cœur.
Siège d'une circonscription sociale du département du Morbihan, elle abrite des services de la Caisse d'allocations familiales (CAF), de la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM), de l'Union départementale des associations familiales (UDAF) et du Conseil général du Morbihan.
Elle est aussi le siège de deux Centre d'aide par le travail (CAT) et de deux instituts médico-professionnels.
Par ailleurs, l'AMISEP (Association morbihannaise d'insertion sociale et professionnelle), ATES (Association travail emploi solidarité), RETRITEX (les Compagnons d'Emmaüs), Les Amis du Gros Chêne et Pontivy Communauté y mettent en œuvre toutes les formules de l'insertion par l'emploi : association intermédiaire, entreprise d'insertion, atelier d'insertion, chantiers d'insertion.
Centre commercial et industriel
Le marché du lundi, place Aristide Briand © Ville de Pontivy, cliché Lionel Pilet
Pontivy est l'héritière d'une très ancienne tradition commerciale, la vieille ville a d'ailleurs conservé dans la trame de ses rues et de ses places la mémoire des halles et marchés disparus.
Aujourd'hui, elle compte près de quatre cent commerces, dont une quarantaine de grandes surfaces, répartis principalement entre trois pôles d'activité : le centre ville, Pontivy sud et Saint-Niel.
Tout au long de l'année, le centre ville et le parc des expositions accueillent, par ailleurs, marchés, fête foraine, braderies, foires et salons.
La zone de chalandise de Pontivy s'étend à près de 90 000 habitants et 35 000 ménages du centre Bretagne, ce qui en fait la troisième zone de chalandise du Morbihan.
Dans une région où l'agriculture et l'élevage constituent la principale richesse, Pontivy représente traditionnellement un débouché artisanal et industriel pour les productions laitières ou animales du centre Bretagne.
Sur le territoire des communes de Pontivy et du Sourn, le parc d'activité du Blavet et ses industries agroalimentaires © Ville de Pontivy, cliché Lionel Pilet
Avec la révolution agricole des années 60, cette spécialisation s'est développée favorisant la création de nombreuses entreprises agroalimentaires (charcuterie, produits élaborés, plats cuisinés, biscuiterie, alimentation animale, abattage de bovins, découpe de volailles, laiterie, fromagerie...) ou liées à l'agroalimentaire (constructions mécaniques, plasturgie, transports).
Depuis 1992, elle s'est encore affirmée grâce à la mise à quatre voies des liaisons nord-sud dans le cadre du programme Triskell. Pontivy est la vitrine économique du centre Bretagne, de ses productions et de ses savoir-faire.
Ville de culture et de rencontres
L'Art dans les chapelles 2005, chapelle Sainte Tréphine, œuvre de Sylvie Maurice © L'Art dans les chapelles, cliché François Talairach
Construit en 1849, entièrement rénové en 2005, le théâtre municipal de Pontivy témoigne d'un intérêt précoce pour l'action culturelle publique.
La ville est aujourd'hui pourvue de deux autres salles de spectacles, de plusieurs lieux d'exposition, d'une médiathèque et d'une école nationale de musique.
Elle est impliquée dans l'organisation d'événements culturels régionaux comme le Kan ar Bobl, le Festival des images et des sons, l'Art dans les chapelles, la Biennale du livre d'Histoire, les Musicales.
Danse contemporaine, la Compagnie Gilschamber en résidence à Pontivy pour la création de Violence Fragile in Le Pontivyen Loisirs Janvier-Mars 2006 © Ville de Pontivy
Elle soutient la création artistique par l'acquisition d'oeuvres d'art, l'accueil d'artistes en résidence et le patronnage de jeunes artistes.
Elle a par ailleurs une importante activité éditoriale et se fait le chantre d'Émile Masson, écrivain et philosophe, dont l'oeuvre a fait l'objet d'un colloque international en 2003.
De tous temps, Pontivy fût à une frontière - à la frontière des Vénètes, des Osismes et des Curiosolites, au temps de l'Armorique et des gaulois ; à la frontière des évéchés de Vannes et de Cornouaille, aux premiers temps de la Bretagne ; à la frontière des Côtes d'Armor et du Morbihan, au lendemain de la Révolution ; et par là, un lieu propice aux échanges.
Le Palais des congrès de Pontivy © Ville de Pontivy, cliché François Talairach
Ce trait particulier se double d'une autre singularité : à 50-60 km de Saint-Brieuc, Vannes et Lorient, 110-120 km de Rennes et Quimper, 150-160 km de Nantes et Brest, elle est naturellement un lieu de rencontres au centre de la Bretagne.
Pontivy a su valoriser cette situation en créant un palais des congrès et un parc d'expositions. De toute la Bretagne, on s'y donne désormais rendez-vous pour des congrès, séminaires, assises, conférences, salons, réunions, stages...
Compte tenu de situation au centre de la péninsule bretonne, plusieurs organismes régionaux ont choisi d'installer leur siège à Pontivy, comme la Ligue de Bretagne de tennis, la Ligue de Bretagne de volley-ball, la Fédération régionale des pays touristiques, le Comité des canaux bretons et voies navigables de l'ouest ou encore l'Association de sauvegarde des moulins de Bretagne.
Une certaine idée de la Bretagne
Au cœur de la ruralité bretonne, Pontivy incarne une certaine idée de la Bretagne, fière d'elle-même et de sa culture, ouverte sur l'Europe et le monde, partageuse et solidaire.
Kerlenn Pondi, le Cercle de danse © Kerlenn Pondi, Myriam Jegat
En Bretagne intérieure
Le menhir de Kerantre © Ville de Pontivy, cliché François Talairach
Pontivy est une ville de Bretagne intérieure, cette vaste région du centre de la péninsule dénommée en breton Argoat (le bois) par opposition à Armor (la mer).
Au 12e siècle, elle appartenait d'ailleurs à la vicomté de Poutrecoet, c'est-à-dire le pays à travers bois.
Solidement ancrée dans le massif granitique qui porte son nom, Pontivy a une conscience très vive de ses racines terriennes.
Au cœur de la ruralité bretonne, elle incarne l'autre Bretagne, de vallées, de monts, de landes, d'eau vive, d'agriculture et d'élevage.
En Vannetais bretonnant
Signalétique bilingue à l'entrée du palais des Congrès © Ville de Pontivy, cliché Lionel Pilet
Pontivy est en Bretagne bretonnante. On y parle le Vannetais, un des quatre dialectes de la péninsule avec les dialectes de Cornouaille, du Léon et du Trégor.
Le breton fait corps avec la ville. Omniprésent dans les noms de lieux, il fait partie intégrante de son identité. En breton Pontivy est Pondi.
Pontivy encourage la culture bretonne dans toutes ses composantes : langue, musique, danse, fêtes, traditions…
Elle accueille chaque année les finales du Kan ar Bobl, l'événement phare de la scène bretonne qui rassemble près d'un millier de musiciens, chanteurs et conteurs, de tous âges, de tous les Pays de Bretagne.
Tous les grands noms de la scène contemporaine sont issus de ce creuset unique où se mélangent traditions, styles et générations.
L'esprit de coopération
Pays de terroirs et de clochers, la Bretagne est aussi le pays des mutuelles et des coopératives. Pontivy quant à elle n'a cessé de favoriser le développement de la coopération intercommunale, dans son canton et bien au-delà.
Depuis 1965, elle a participé à la création du syndicat d'expansion économique de Pontivy et sa région, du syndicat d'aménagement touristique du canton de Pontivy, du syndicat d'aménagement de la rive sud du lac de Guerlédan et du pays d'accueil des Rohan, lesquels ont donné naissance en 2001 à Pontivy Communauté, la plus importante communauté de communes de Bretagne avec 24 communes et 42 000 habitants.
En 1974, elle fut la première à donner son adhésion au Syndicat départemental de l'eau du Morbihan (SDE) dont la mission essentielle est d'assurer l'alimentation en eau potable de toutes les communes du Morbihan. Elle adhère également au syndicat départemental d'électrification.
Plus récemment, elle a pris une part active à la création du Pays de Pontivy, instance de réflexion et de propositions réunissant les acteurs politiques, économiques et sociaux de 45 communes et 78 000 habitants autour d'une ambition commune de développement durable.
L'esprit d'ouverture
1972, signature de la charte de jumelage par Hans Mock, maire de Wesseling (à g.), et Michel Masson, maire de Pontivy (à dr.) © Ville de Pontivy, Archives municipales
Les Bretons ont parcouru toutes les mers à la rencontre des peuples du monde. Pontivy, qui a donné plusieurs grands marins au pays, est animée de ce même esprit d'ouverture et de découverte.
En 1958, elle a signé une première charte de jumelage avec la ville anglaise de Tavistock, dans le Devon.
Par la suite, elle s'est associée à trois autres villes sur les continents européen, américain et africain : Wesseling en Allemagne, Napoleonville aux Etats-Unis et Ouelessebougou au Mali.
Le jumelage avec Oueslessebougou se situe dans une perspective de coopération et de développement entre pays du nord et du sud. Au cœur d'une Bretagne partageuse et solidaire, il exprime un idéal de paix, de justice et de solidarité. Ici, ailleurs et partout.
Des Pontivyens parmi d'autres
Ils sont écrivains, compositeurs, peintres, sculpteurs, médecins, ingénieurs, politiciens, sportifs, militaires… Par leur esprit, leur talent ou leur mérite, ils ont suscité la reconnaissance et l'admiration de leurs contemporains. Ces Pontivyens parmi d'autres font la fierté de Pontivy qui a préservé leur souvenir dans ses rues, ses monuments, ses publications ou ses collections artistiques.
L'Aveugle par Gaston Schweitzer © Ville de Pontivy, Collections municipales, cliché Lionel Pilet
Sculpture
Sculpteur, Joseph Le Goff, en Breton Job er Goh (Pontivy, 1832 – Paris, 1890) a participé à la reconstruction de l'Hôtel de ville de Paris et laissé plusieurs œuvres monumentales. Tailleur de pierre, Joseph Le Goff apprend le dessin et la sculpture à Nantes. Lors de son Tour de France, il participe à la restauration des cathédrales d'Albi et d'Auch. Il remporte le concours pour les sculptures de la nouvelle église paroissiale de Pontivy (église Saint-Joseph), qu'il réalise en 1866 et 1867. La rencontre avec l'architecte Édouard Deperthes marque la suite de sa carrière et de son œuvre. Avec lui, notamment, il participe à la reconstruction de l'Hôtel de ville de Paris, à l'ornementation de la Basilique de Sainte-Anne d'Auray – dont la statue monumentale de Sainte-Annne – ainsi qu'à l'édification du monument au pape Urbain II à Chatillon-sur-Marne. Tous deux sont également associés dans la réalisation du monument à Joseph Pobéguin (Cléguérec) et du monument de la Fédération (Pontivy). Joseph Le Goff décède à Paris le 27 mars 1890. À sa mort il laisse à sa ville natale un leg, dit leg Job er Goh, destiné à de jeunes artistes, dont bénéficiera en particulier le peintre pontivyen Pierre Cadre.
Hôpital de Pontivy, le Dr Hubert Jégourel par Gaston Schweitzer © Ville de Pontivy, cliché Lionel Pilet
Sculpteur, Gaston Schweitzer (Montreuil-sous-Bois, 1879 – Paris, 1962) partagea sa vie d'artiste, entre son atelier parisien et Pontivy. Élève, aux Beaux-Arts, de Falguière, Mercie, Auban et Peter, G. Schweitzer expose dès 1903 au Salon des artistes français. En 1908, il y reçoit la Médaille d'or pour sa statue L'Aveugle, aujourd'hui exposée dans la Roseraie de Pontivy. Durant la première guerre mondiale, il est mobilisé à Pontivy où il séjourne ensuite régulièrement. Schweitzer affectionne les gens et les scènes de tous les jours. Il a d'ailleurs laissé à la ville de Pontivy plusieurs centaines de figurines représentant le petit monde des Halles de Paris (tripiers, bouchers, poissoniers, porteurs, balayeurs, policiers, clochards, prostituées…) entre 1940 et 1960. Mais il est également l'auteur de plusieurs monuments aux morts de la région de Pontivy (Pontivy, Noyal-Pontivy, Guémené-sur-Scorff, Priziac) ainsi que de plusieurs momuments commémoratifs dont le monument au peintre Léon Lhermitte à Mont Saint-Père (Aisne). Gaston Schweitzer est mort à Paris le 15 juillet 1962. Il est inhumé au Père Lachaise.
Peinture
Femmes épluchant des pommes de terre, Narcisse Chaillou © Ville de Pontivy, Collections municipales, cliché François Talairach
Narcisse Chaillou (Nantes, 1837 – Guémené-sur-Scorff, 1916) est un peintre académique connu pour ses pittoresques scènes de genre. En 1870, après un long séjour en Transylvanie, N. Chaillou s'installe à Paris où il devient l'élève de Bonnat, Hébert et Corot. À partir de 1880, il vit en Bretagne, notamment à Baud et Pontivy. Jusqu'en 1896, il expose régulièrement au Salon de Paris et au Salon des artistes français. Chaillou a peint de nombreux portraits et paysages, mais il est surtout connu pour ses scènes de genre : L'écaillère, Barbière bretonne, Les relevailles, La fête du grand-père… Plusieurs musées conservent des œuvres de N. Chaillou : Rennes, Nantes, Morlaix, Vitré, Sheffield (Grande-Bretagne) et Saint-Denis qui détient le très cru Dépeceur de rats, illustrant la Commune de Paris. L'artiste a également légué 43 tableaux à la ville de Pontivy. Narcisse Chaillou est mort le 21 octobre 1916 à Guémené-sur-Scorff. Il est inhumé au cimetière de Pontivy.
Théâtre municipal, peintures murales de Pierre Cadre © Ville de Pontivy, cliché François Talairach
Peintre de la Bretagne, Pierre Cadre (Pontivy, 1884 – Belle-Ile-en-Mer, 1972) a participé au renouveau de l'art breton. En 1903, P. Cadre reçoit de sa commune une bourse qui lui permet d'étudier aux Beaux-Arts où il est admis à concourir pour le Prix de Rome. Dès 1911, il expose au Salon des artistes français. Au lendemain de la première guerre mondiale, il s'installe à Belle-Ile-en-Mer et consacre sa peinture à la Bretagne. Dans un style pointilliste qui fait sa manière personnelle, P. Cadre participe au renouveau de l'art breton. Il réalise des œuvres de grandes dimensions, comme L'arrivée de Madame de Sévigné à L'Orient, tableau de 40m2 disposé dans le hall d'honneur de la Chambre de commerce et d'industrie du Morbihan. À Pontivy, il est l'auteur des Fêtes bretonnes, peintures murales de 70m2 ornant le théâtre municipal. Pierre Cadre est mort le 6 juin 1972 à Belle-Ile-en-Mer.
Littérature
Émile Masson in Émile Masson, professeur de liberté par Marielle et Didier Giraud © Tous droits réservés
Écrivain et philosophe, Émile Masson (Brest, 1869 – Paris 1923) est une figure marquante de la pensée pacifiste et libertaire. Nommé professeur d’anglais au lycée de Pontivy, en 1904, il choisit d'y faire carrière "au milieu des pommes et des paysans bretons". Son premier roman Yves Madec, professeur de collège est publié par Charles Péguy en 1905 dans Les Cahiers de la Quinzaine. Parallèlement, il collabore à Pages Libres, au Mercure de France, aux Temps Nouveaux. É. Masson se passionne pour la question bretonne. Il apprend le vannetais, publie Les Rebelles, contes bretons et rédige une série d'articles qu’il regroupe sous le titre Antée, les Bretons et le socialisme. En 1913, il crée Brug, revue bilingue destinée aux paysans de Basse Bretagne, illustrée par Jean-Julien Lemordant. En 1914, Émile Masson se trouve aux côtés de Roman Rolland parmi les opposants à la guerre. En 1919, il publie encore Le livre des hommes et leurs paroles inouïes et, en 1921, L’utopie des îles bienheureuses dans le Pacifique. Émile Masson est mort à Paris le 8 février 1923.
Médecine
Pasteurien, médecin des Troupes coloniales, Gustave Martin (Pontivy, 1872 – Paris, 1936) est un pionnier de la recherche sur la trypanosomiase africaine, ou maladie du sommeil, une maladie infectieuse provoquée par un parasite, le trypanosome, transmis par la mouche tsé-tsé. En 1905, G. Martin effectue ses premiers travaux en Afrique dont il rend compte dans Les trypanosomiases de la Guinée française. De 1906 à 1908, il dirige la Mission française d'études de la trypanosomiase au Congo français qui publie son rapport en 1909. Après la première guerre mondiale, en 1919, il est nommé expert pour la maladie du sommeil, près du Comité d'hygiène de la Société des Nations (SDN). En 1925 et 1928, il participe aux conférences internationales de Londres et de Paris sur la trypanosomiase. Les premières campagnes de prévention et de lutte contre la maladie du sommeil se déroulent avec succès dans les années trente. Gustave Martin est mort à Paris en 1936.
Le Médecin-Général Angelo Hesnard in Pontivy Napoléonville, 1987 © Ville de Pontivy
Neuro-psychiatre, médecin-général de la Marine nationale, Angelo Hesnard (Pontivy, 1886 – Rochefort-en-Mer, 1969) est considéré comme l'introducteur de la psychanalyse en France. Entré en 1905 à l'École principale du Service de santé de la Marine de Bordeaux, A. Hesnard soutient sa thèse en 19O9 (Les Troubles de la Personnalité dans les États d’asthénie Psychique). En 1913, il publie avec Emmanuel Régis, dont il est l'assistant et le disciple à la clinique de maladies mentales de la Faculté de médecine de Bordeaux, La Psycho-analyse des Névroses et des Psychoses. Dans ce livre exhaustif et documenté, qui s'appuie notamment sur les traductions réalisées par son frère Oswald, agrégé d'allemand, Angelo Hesnard présente les travaux de Freud. Il s'agit du premier ouvrage de référence sur la psychanalyse. Auteur de nombreux autres travaux scientifiques, A. Hesnard poursuit par la suite une carrière d'enseignant et de neuropsychiatre. Il meurt à Rochefort-sur-Mer le 17 avril 1969. Le promotion 1993 de l'école du service de santé des armées de Bordeaux porte son nom : Promotion Médecin-Général Hesnard.
Pasteurien, médecin-général des Troupes de marine, directeur de l'Institut Pasteur de Madagascar de 1940 à 1953, Jean Robic (Pontivy, 1893 – 1968) est le découvreur, avec Georges Girard (Isigny-sur-mer, 1888 – Paris, 1985), du vaccin antipesteux EV. En 1932, après six ans de travaux de recherche à l'Institut Pasteur de Madagascar, G. Girard et J. Robic mettent au point un vaccin qu'ils s'inoculent plusieurs fois afin d'en tester les effets sur l'homme. À partir de 1933, le vaccin antipesteux EV (pour Evesque, nom de la victime sur laquelle a été isolée la souche du vaccin) est utilisé avec succès à Madagascar où la peste fait près de 4000 morts par an. Le vaccin EV restera le seul traitement efficace contre la peste pulmonaire et sauvera des milliers de vie jusqu'au traitement de la maladie par les sulfamides puis par les antibiotiques. Jean Robic est mort à Pontivy le 28 avril 1968.
Musique
Organiste et compositeur, Jeff Le Penven (Pontivy, 1919 – Douarnenez, 1967) est l'auteur de plusieurs œuvres importantes du répertoire breton, Me zo ganet e kreiz er mor, Les Celtes, Musique de ballet, Le Mystère du Folgoat, Kanadenn penn ar Bed. Jeff Le Penven compose ses premières oeuvres durant la deuxième guerre mondiale alors qu'il dirige l'orchestre de Rennes. À la même époque, il participe à la création de Bodadeg ar sonerien, l'Assemblée des sonneurs. Son œuvre majeure, Kanadenn penn ar Bed - en français Cantate du bout du monde – est créée en 1957 aux fêtes de Cornouaille où elle fait événement. Jeff Le Penven est mort à Douarnenez en 1967.
Talabardeur (sonneur de bombarde) d'exception, Jean-Claude Jégat (Pontivy, 1941 - 1981) est un des artisans de la renaissance musicale bretonne. En 1953, il débute l'apprentissage de la bombarde à Kerlenn Pondi, le bagad de Pontivy. En 1969, il donne son premier concert bombarde et orgue, à la basilique Notre-Dame-de-Joie. À partir de 1971, il se produit avec Louis Yhuel, organiste titulaire de la collégiale de Guérande. Après disques, tournées, radios, le duo bombarde et orgue devient un genre musical à part entière. Jean-Claude Jégat est mort à Pontivy le 3 octobre 1981.
Constituants
Jean-Pierre Boullé, avocat à Pontivy et député à la Constituante in Pontivy Napoléonville, 1987 © Ville de Pontivy
Avocat, baron d'Empire, Jean-Pierre Boullé (Auray, 1753 – Le Vauméno, 1816) est un Constituant de 1789. Sur cette période et les principaux événements de la Révolution française, il a adressé à la municipalité de Pontivy 88 lettres manuscrites, conservées par les Archives municipales. En 1775, J.-P. Boullé termine son droit à Rennes et s'inscrit au barreau de Pontivy. En 1789, il est élu député de la Sénéchaussée de Ploërmel aux États Généraux. Le 9 juillet, il fait partie de l'Assemblée nationale constitutante. Il y siège jusqu'en 1791. En novembre de la même année il est élu maire de Pontivy. En 1792, il abandonne son mandat pour devenir administrateur du Morbihan. En 1793, accusé de fédéralisme et de modérantisme, il est incarcéré à Vannes. Il est libéré en 1794 et en 1795 il est élu député du Morbihan au Conseil des Cinq-Cent (1795). En 1799, il soutient le coup d'état de Bonaparte ce qui lui vaut d'être nommé préfet des Côtes du Nord en 1800. Il occupe cette fonction jusqu'à la chute de l'Empire et sa destitution. Cependant, il est encore nommé préfet de Vendée durant les Cent-Jours, avant de prendre, à sa demande, une retraite définitive. Jean-Pierre Boullé est mort au Vauméno, dans les Côtes du Nord, le 13 juin 1816.
Julien Guégan, recteur de Pontivy et député à la Constituante
Prêtre, Julien Guégan (Péaule, 1746 – Osma, Espagne, 1794) est un Constituant de 1789. En 1778, J. Guégan est nommé Recteur de Pontivy. En 1789, il est élu par les représentants du bas-clergé député du diocèse de Vannes aux États Généraux. Le 9 juillet, il fait partie de l'Assemblée nationale constitutante. En janvier 1791, il prête serment à la Constitution civile du clergé et, en mars, il est élu évêque de Vannes. Mais il refuse cette diginité. Le siège épiscopal écrit-il "est infiniment trop flatteur pour moy. Je n'ai malheureusement ni les talents, ni les forces nécessaires pour une si terrible fonction, et, bien loin de pouvoir augmenter mon fardeau, je devrois bien plutôt songer à la retraite". Un bref du pape le conforte dans sa décision. Plus tard, il rétractera son serment. Aussi, s'il revient de sa députation à Pontivy entouré de l'estime générale, en 1792 il se voit contraint à l'exil. Julien Guégan est mort de la fièvre jaune à Osma, en Espagne, le 15 mai 1794.
Politique
Ingénieur et homme politique, député de Pontivy, Charles Beslay (Dinan, 1795 – Neufchâtel, Suisse, 1878) a présidé la Commune de Paris. En 1830, Ch. Beslay est entrepreneur sur le canal de Nantes à Brest lorsqu'il réussit à calmer la révolte des bagnards du camp de Glomel qui marchent sur Pontivy. L'année suivante, il est élu député de la circonscription de Pontivy. Son entrée à la Chambre marque le début d'une carrière politique qui le conduit, en 1848, à l'Assemblée constituante et, en 1871, à la Commune de Paris, qu'il préside en qualité de doyen d'âge. Républicain, franc-maçon, libre penseur et disciple de Proudhon, Charles Beslay finit sa vie en exil, en Suisse, où il meurt le 30 mars 1878.
Sport
Ferdinand Le Drogo in Pontivy Napoléonville, 1987 © Ville de Pontivy
Champion cycliste, Ferdinand Le Drogo (Pontivy, 1903 – Vannes, 1976) a remporté deux titres de Champion de France sur route et une étape du Tour de France. Tout d'abord licencié au Veloce club pontivyen, F. Le Drogo débute sa carrière professionnelle en 1926. En 1927, il remporte le Championnat de France sur route devant Charles Pélissier et prend le départ du 21e Tour de France sous le maillot de l'équipe Dilecta Wolber. Vainqueur de la cinquième étape entre Cherbourg et Dinan, il revêt le maillot jaune à l'arrivée de l'étape suivante à Brest, avant d'abandonner dans la neuvième étape. En 1928, il remporte son deuxième titre de Champion de France devant André Leducq. En 1931, il est deuxième du Championnat du monde sur route, derrière l'Italien Learco Guerra. Il met fin à sa carrière en 1936. Ferdinand Le Drogo est mort à Vannes le 1er avril 1976.
Plusieurs fois médaillé d'argent et de bronze de course en ligne, Olivier Boivin (Saint-Brieuc, 1965 -) est l'un des meilleurs canoëistes français des années 1990. Licencié au canoë-kayak club pontivyen (CKCP), O. Boivin court en équipe de France en canoë biplace (C2) avec le boulonnais D. Hoyer. De 1989 à 1994, les deux hommes disputent à cinq reprises les championnats du monde ou les jeux olympiques et remportent sept médailles d'argent et de bronze, sur 200, 500, 1000 et 10000m. En 1992, leur médaille de bronze sur 1000m est l'une des vingt-huit médailles françaises des jeux olympiques de Barcelone. Olivier Boivin et Didier Hoyer ont remporté leur dernière médaille de bronze en 1995 aux championnats du monde de Duisbourg (Allemagne) en C4, sur 200m, avec Éric Leleuch et Benoît Bernard.