Challenge AZ: M comme moulins et minoteries

Par sa position fluviale, Pontivy est un lieu idéal pour le développement de la minoterie.

La plus ancienne mention d’un moulin à grain à Pontivy remonte à 1164. ils deviendront très nombreux dans les siècles suivants. Les banalités obligent alors les contribuables à se rendre à un moulin prédéfini. Il n’y a pas de concurrence. Le meunier peut attaquer en justice ceux qui vont moudre leur grain ailleurs. Pour cette raison, il fait des envieux et est souvent soupçonné d’abus.

Moulin de Stival au début du XXe siècle. Archives municipales de Pontivy, 1Fi364.

Moulin de Stival au début du XXe siècle.
Archives municipales de Pontivy, 1Fi364.

En 1800, la ville compte 6 moulins sur le cours du Blavet et 5 autres sur ses affluents (Le Douric, Stival, le Talin…). Les travaux de canalisation du Blavet, au XIXe siècle, provoquent la destruction de l’ensemble des moulins du Blavet à l’exception de ceux situés sur le canal de dérivation. L’administration prévoit cependant l’aménagement de nouveaux moulins au niveau des retenues d’eau. L’acquisition de concessions sur chaque barrage du canal fait l’objet d’une lutte acharnée durant toute la seconde moitié du XIXe siècle.

Les vieux moulins. Archives municipales de Pontivy, 1Fi191.

Les vieux moulins.
Archives municipales de Pontivy, 1Fi191.

A cette époque, les moulins de la ville se modernisent et deviennent de véritables usines. Ces nouvelles minoteries disposent généralement de plusieurs meules. Face à ces usines importantes, les petits moulins qui subsistent sur les affluents du Blavet ferment les uns après les autres.

A la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, les roues des minoteries sont progressivement remplacées par des turbines. La dernière minoterie de Pontivy fermera en 1965.

Les vieux moulins

Les vieux moulins. Archives municipales de Pontivy, 1Fi431.

Les vieux moulins.
Archives municipales de Pontivy, 1Fi431.

Leur origine est très ancienne. Il semble que les Rohan ont fait creuser le canal du déversoir pour leur seul usage. A partir de 1880, les moulins connaissent d’importantes transformations. On y installe une première machine à vapeur. Au début du XXe siècle, la famille Le Roy qui, en devient propriétaire, le reconstruit sous la forme d’un bâtiment à 6 étages. Dans les années 1920, un violent incendie détruit le grand bâtiment. Ils sont rachetés par la laiterie Bernard puis par la SILVY en 1955. Ils appartiennent aujourd’hui à un ingénieur qui y a installé une turbine de production électrique.

Les moulins neufs

Les moulins neufs, détail d'une facture à en-tête. Archives municipales de Pontivy, 1D34.

Les moulins neufs, détail d’une facture à en-tête.
Archives municipales de Pontivy, 1D34.

Ils sont situés sur le canal de dérivation à 175m en aval des Vieux Moulins. Leur origine est inconnue bien que leur propriétaire affirme, au début du XIXe siècle, qu’ils sont aussi vieux que les vieux moulins. En 1889, les Moulins neufs sont acquis par Vincent Sado. Celui-ci va les perfectionner, sans les modifier, et les faire entrer dans l’âge de la minoterie industrielle. Il devient un minotier hors pair. Vers 1907 son fils lui succède. L’établissement continue à tourner jusqu’en 1965.

Guernal

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La zone de Guernal abrite un moulin et une pêcherie, au confluent du Blavet et du ruisseau de Stang Er Louarn, depuis le XIIe siècle. Ce moulin reste en place jusqu’en 1827, date à laquelle il est démoli en raison des travaux de canalisation du fleuve.

En 1869, Pierre Marie Robo, originaire de Neuillac, demande l’autorisation d’élever une minoterie sur la chute d’eau de Guernal. Il obtient satisfaction et y construit un bâtiment de 24 mètres sur 8 qui abrite une roue de 6 mètres de diamètre sur 3 mètres de largeur.Après la Seconde guerre mondiale, la minoterie cesse son activité.

Lestitut

Minoterie de Lestitut peu de temps avant sa démolition. Archives municipales de Pontivy, Fonds Floquet.

Minoterie de Lestitut peu de temps avant sa démolition.
Archives municipales de Pontivy, Fonds Floquet.

En 1853, un percepteur de Cléguérec, Pierre Antoine Hervé, demande l’autorisation de construire une minoterie de 5 à 6 paires de meules au niveau du barrage de Lestitut. Elle est accordée en 1856. En 1871 Son fils, Paul Hervé, en prend la direction. Acquise par Vincent Sado en 1888, elle devient la minoterie la plus productive de Pontivy.

Jean Sado, qui en prend la direction en 1911, y fait d’importantes transformations. Elle est équipée de 5 paires de cylindres de broyage et d’une turbine. Le 15 avril 1927, elle est vendue à la Coopérative agricole de la Bretagne méridionale. Revendue puis désaffectée l’usine est détruite dans les années 1970.

Signan

Minoterie de Signan ou Saint Michel, aujourd'hui sur la commune du Sourn. Archives municipales de Pontivy, FOnds Floquet.

Minoterie de Signan ou Saint Michel, aujourd’hui sur la commune du Sourn.
Archives municipales de Pontivy, FOnds Floquet.

A la fin du XIXe siècle, le barrage de Signan devient la cible favorite des prospecteurs. Plusieurs personnes en demandent la concession. C’est finalement un dénommé Le Cart, brasseur à Pontivy, qui l’obtient.L’usine est achevée en 1883 et devient l’une des plus productives de la région.

Le nouveau propriétaire se propose de construire un moulin capable de moudre de la farine aussi bien que de la poudre de phosphates nécessaire à l’agriculture de la région. 

Elle cesse rapidement de produire de la farine pour se concentrer sur la production d’engrais.

 

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