Challenge AZ: T quand des Torpilleurs naviguaient sur le Blavet

 

Des torpilleurs sur le Blavet. Voilà bien une étrange idée. C’est à ce spectacle étonnant qu’assistent plusieurs milliers de pontivyens en septembre 1885.

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Torpilleur. L’Illustration du 9 mars 1889. Fonds ancien de la médiathèque de Pontivy.

C’est l’Amiral Galiber et le ministère de la marine qui décident de redonner son but premier au canal de Nantes à Brest. Il faut rappeler que si le canal a un rôle économique important, en cette fin de XIXe siècle, l’objectif de Napoléon Ier était d’en faire un axe stratégique qui mettrait ses transports à l’abri des attaques des Anglais. Afin de s’assurer de cette option, l’Amiral Galiber, alors ministre de la marine et des colonies, décide d’envoyer deux torpilleurs de Brest à Lorient en passant par le canal.

Le passage de ces navires est un événement exceptionnel pour les pontivyens, dont la plupart n’a jamais eu l’occasion de se rendre sur la côte pour voir la mer. Et ne parlons pas des torpilleurs ! La marine française n’en possède que depuis une dizaine d’années. Léon Durocher qui rédige un article pour le Journal de Pontivy le 20 septembre 1885, décrit avec amusement ses compatriotes qui s’imaginent voir « quelques immense cétacé, quelque cachalot fantastique rendant l’eau et la flamme par les narines et ébranlant d’un coup de queue la base des montagnes campées sur les bords du Blavet ».

Il faut dire que la rumeur de l’arrivée des torpilleurs court depuis plusieurs jour et personne ne sait vraiment à qui ressemble ces étranges navires. À leur arrivée 3 à 4000 curieux viennent les accueillir. Ce ne sont pourtant pas les monstres imaginés, mais, comme le dit Léon Durocher lui-même, des « poissons invisible ».

Les navire qui arrivent à Pontivy ne sont, en effet, pas des mastodontes mais de petites vedettes destinées à passer inaperçus. Rappelons qu’à cette époque les torpille que transportaient ces navire n’étaient pas encore propulsées mais fixées et utilisées telle un éperon ces bâtiment avaient donc besoin de discrétion.

Leur description peut même paraître quelques peu ridicule. Long de 27m, les torpilleurs ont un tirant d’eau trop élevés pour passant par le canal de Nantes à Brest. Aussi a-t-on équipé leurs flancs de barriques remplies d’air qui leur permettent de ne pas toucher le fonds de la rivière mais qui les font ressembler, selon les propres mots de Léon Durocher, « à un nageur agrémenté de deux vessies de cochons ».

Si les marins sont bien accueillis par la population et les militaires du régiment de cavalerie, l’opération n’est pas une réussite. Il est évident, à la description que Léon Durocher en fait, que le passage de navire de guerre sur le Blavet n’est pas intéressant d’un point de vue stratégique. Ce voyage des torpilleurs du cependant être une fantastique opération de communication pour la marine nationale et la promotion de ces nouveau engins qu’étaient les torpilleurs.

 

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