Challenge AZ: S comme le saut des poissonniers

 

Durant l’Ancien régime, l’année était rythmée par les fête religieuses. A Pontivy, celles-ci étaient souvent doublées de fêtes populaires au caractère parfois cocasse et révélateur de certains traits de la personnalité pontivyenne de l’époque. C’est le cas de la fête du saut des poissonniers.

Cette fête avait lieu à la fin du carême (le lundi de Pâques). Les habitants de la ville préparaient alors une grande procession dans laquelle les poissonniers, ces hommes qui avaient nourri la population de leurs poissons durant quarante jours, jouaient un rôle central. Chaque membre de la communauté était appelé à participer. Les habitants de Kerimaux devaient fournir le harnois et l’attelage qui devait transporter les poissonniers, tandis que les bouchers étaient chargés de le conduire. La procession partait alors de la place du Martray et descendait jusqu’au fleuve par la rue du pont. Arrivé sur les berges les poissonnier devaient « passer la rivière de Blavet de cette ville au dessous du pont« . Ils étaient donc jetés à l’eau et devaient traverser le fleuve à la nage. Malheur à celui qui ne savaient pas nager.

Ce saut des poissonnier était , en quelque sorte, une revanche de la population sur les poissonniers de la ville, privée de viande durant le carême. Les poissonniers servaient donc de boucs émissaire car il était hors de question de remettre en cause les commandements de l’Eglise.

Cette tradition était également symptomatique d’une habitude alimentaire de la société Pontivyenne. Le poisson n’étaient pas un mets très apprécié de la population qui lui préféra la viande jusqu’au XIXe siècle. Sans doute considéré comme un repas de pauvre ou peu vendu en ville, il ne fut taxé par l’octroi de la ville qu’à compter de la fin du XIXe siècle. Encore durant la Grande guerre le sous-préfet précisa que la majorité des pontivyens ne se nourrissaient que de lard.

 

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Procès verbal de la cérémonie du Saut des Poissonniers, 1672. Archives municipales de Pontivy, fonds Rohan.

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