Personnalités

Des Pontivyens parmi d’autres

Émile Masson, écrivain et philosophe

Ils sont écrivains, compositeurs, peintres, sculpteurs, médecins, ingénieurs, politiciens, sportifs, militaires… Par leur esprit, leur talent ou leur mérite, ils ont suscité la reconnaissance et l’admiration de leurs contemporains. Ces Pontivyens parmi d’autres font la fierté de Pontivy qui a préservé leur souvenir dans ses rues, ses monuments, ses publications ou ses collections artistiques.

Joseph Le Goff, sculpteur
Sculpteur, Joseph Le Goff, en Breton Job er Goh (Pontivy, 1832 – Paris, 1890) a participé à la reconstruction de l’Hôtel de ville de Paris et laissé plusieurs œuvres monumentales.À l’origine tailleur de pierre, il apprend le dessin et la sculpture à Nantes. Lors de son Tour de France, il participe à la restauration des cathédrales d’Albi et d’Auch. Il remporte le concours pour les sculptures de la nouvelle église paroissiale de Pontivy (église Saint-Joseph), qu’il réalise en 1866 et 1867.La rencontre avec l’architecte Édouard Deperthes marque la suite de sa carrière et de son œuvre. Avec lui, notamment, il participe à la reconstruction de l’Hôtel de ville de Paris, à l’ornementation de la Basilique de Sainte-Anne d’Auray – dont la statue monumentale de Sainte-Annne – ainsi qu’à l’édification du monument au pape Urbain II à Chatillon-sur-Marne. Tous deux sont également associés dans la réalisation du monument à Joseph Pobéguin (Cléguérec) et du monument de la Fédération (Pontivy).Joseph Le Goff décède à Paris le 27 mars 1890. À sa mort il laisse à sa ville natale un leg, dit leg Job er Goh, destiné à de jeunes artistes, dont bénéficiera en particulier le peintre pontivyen Pierre Cadre.
Gaston Schweitzer, sculpteur
Sculpteur, Gaston Schweitzer (Montreuil-sous-Bois, 1879 – Paris, 1962) a partagé sa vie d’artiste, entre son atelier parisien et Pontivy.Élève, aux Beaux-Arts, de Falguière, Mercie, Auban et Peter, il expose dès 1903 au Salon des artistes français. En 1908, il y reçoit la Médaille d’or pour sa statue L’Aveugle, aujourd’hui exposée dans la Roseraie de Pontivy. Durant la première guerre mondiale, il est mobilisé à Pontivy où il séjourne ensuite régulièrement.Schweitzer affectionne les gens et les scènes de tous les jours. Il a d’ailleurs laissé à la ville de Pontivy plusieurs centaines de figurines représentant le petit monde des Halles de Paris (tripiers, bouchers, poissoniers, porteurs, balayeurs, policiers, clochards, prostituées…) entre 1940 et 1960. Mais il est également l’auteur de plusieurs monuments aux morts de la région de Pontivy (Pontivy, Noyal-Pontivy, Guémené-sur-Scorff, Priziac) ainsi que de plusieurs monuments commémoratifs dont le monument au peintre Léon Lhermitte à Mont Saint-Père (Aisne).Gaston Schweitzer est mort à Paris le 15 juillet 1962. Il est inhumé au Père Lachaise.

Narcisse Chaillou, peintre

Narcisse Chaillou (Nantes, 1837 – Guémené-sur-Scorff, 1916) est un peintre académique connu pour ses pittoresques scènes de genre.

En 1870, après un long séjour en Transylvanie, il s’installe à Paris où il devient l’élève de Bonnat, Hébert et Corot. À partir de 1880, il vit en Bretagne, notamment à Baud et Pontivy. Jusqu’en 1896, il expose régulièrement au Salon de Paris et au Salon des artistes français.

Chaillou a peint de nombreux portraits et paysages, mais il est surtout connu pour ses scènes de genre : L’écaillère, Barbière bretonne, Les relevailles, La fête du grand-père… Plusieurs musées conservent des œuvres de N. Chaillou : Rennes, Nantes, Morlaix, Vitré, Sheffield (Grande-Bretagne) et Saint-Denis qui détient le très cru Dépeceur de rats, illustrant la Commune de Paris. L’artiste a également légué 43 tableaux à la ville de Pontivy.

Narcisse Chaillou est mort le 21 octobre 1916 à Guémené-sur-Scorff. Il est inhumé au cimetière de Pontivy.

Peintre de la Bretagne, Pierre Cadre (Pontivy, 1884 – Belle-Ile-en-Mer, 1972) a participé au renouveau de l’art breton. En 1903, grâce au leg Job er Goh, il reçoit de sa commune une bourse qui lui permet d’étudier aux Beaux-Arts où il est admis à concourir pour le Prix de Rome. Dès 1911, il expose au Salon des artistes français. Au lendemain de la première guerre mondiale, il s’installe à Belle-Ile-en-Mer et consacre sa peinture à la Bretagne. Dans un style pointilliste qui fait sa manière personnelle, P. Cadre participe au renouveau de l’art breton. Il réalise des œuvres de grandes dimensions, comme L’arrivée de Madame de Sévigné à L’Orient, tableau de 40m2 disposé dans le hall d’honneur de la Chambre de commerce et d’industrie du Morbihan. À Pontivy, il est l’auteur des Fêtes bretonnes, peintures murales de 70m2 ornant le théâtre municipal. Pierre Cadre est mort le 6 juin 1972 à Belle-Ile-en-Mer.

Émile Masson, écrivain et philosophe
Écrivain et philosophe, Émile Masson (Brest, 1869 – Paris 1923) est une figure marquante de la pensée pacifiste et libertaire.Nommé professeur d’anglais au lycée de Pontivy, en 1904, il choisit d’y faire carrière au milieu des pommes et des paysans bretons. Son premier roman, Yves Madec, professeur de collège, est publié par Charles Péguy en 1905 dans Les Cahiers de la Quinzaine. Parallèlement, il collabore à Pages Libres, au Mercure de France, aux Temps Nouveaux. Se passionnant pour la question bretonne, il apprend le vannetais, publie Les Rebelles, contes bretons et rédige une série d’articles qu’il regroupe sous le titre Antée, les Bretons et le socialisme. En 1913, il crée Brug, revue bilingue destinée aux paysans de Basse Bretagne, illustrée par Jean-Julien Lemordant. En 1914, Émile Masson se trouve aux côtés de Roman Rolland parmi les opposants à la guerre. En 1919, il publie encore Le livre des hommes et leurs paroles inouïes et, en 1921, L’utopie des îles bienheureuses dans le Pacifique.Émile Masson est mort à Paris le 8 février 1923.
Gustave Martin, pasteurien
Pasteurien, médecin des Troupes coloniales, Gustave Martin (Pontivy, 1872 – Paris, 1936) est un pionnier de la recherche sur la trypanosomiase africaine, ou maladie du sommeil, maladie infectieuse provoquée par un parasite, le trypanosome, transmis par la mouche tsé-tsé.En 1905, G. Martin effectue ses premiers travaux en Afrique dont il rend compte dans Les trypanosomiases de la Guinée française. De 1906 à 1908, il dirige la Mission française d’études de la trypanosomiase au Congo français qui publie son rapport en 1909. Après la première guerre mondiale, en 1919, il est nommé expert pour la maladie du sommeil, près du Comité d’hygiène de la Société des Nations (SDN). En 1925 et 1928, il participe aux conférences internationales de Londres et de Paris sur la trypanosomiase. Les premières campagnes de prévention et de lutte contre la maladie du sommeil se déroulent avec succès dans les années trente.Gustave Martin est mort à Paris en 1936.

Angelo Hesnard, neuro-psychiatre

Neuro-psychiatre, médecin-général de la Marine nationale, Angelo Hesnard (Pontivy, 1886 – Rochefort-en-Mer, 1969) est considéré comme l’introducteur de la psychanalyse en France.

Entré en 1905 à l’École principale du Service de santé de la Marine de Bordeaux, il soutient sa thèse en 1909 (Les Troubles de la Personnalité dans les États d’asthénie Psychique). En 1913, il publie avec Emmanuel Régis, dont il est l’assistant et le disciple à la clinique de maladies mentales de la Faculté de médecine de Bordeaux, La Psycho-analyse des Névroses et des Psychoses. Dans ce livre exhaustif et documenté, qui s’appuie notamment sur les traductions réalisées par son frère Oswald, agrégé d’allemand, il présente les travaux de Freud. Il s’agit du premier ouvrage de référence sur la psychanalyse. Auteur de nombreux autres travaux scientifiques, il poursuit par la suite une carrière d’enseignant et de neuropsychiatre.

Angelo Hesnard est mort à Rochefort-sur-Mer le 17 avril 1969. La promotion 1993 de l’école du service de santé des armées de Bordeaux porte son nom : Promotion Médecin-Général Hesnard.

Jean Robic, pasteurien
Pasteurien, médecin-général des Troupes de marine, directeur de l’Institut Pasteur de Madagascar de 1940 à 1953, Jean Robic (Pontivy, 1893 – 1968) est le découvreur, avec Georges Girard (Isigny-sur-mer, 1888 – Paris, 1985), du vaccin antipesteux EV.En 1932, après six ans de travaux de recherche à l’Institut Pasteur de Madagascar, G. Girard et J. Robic mettent au point un vaccin qu’ils s’inoculent plusieurs fois afin d’en tester les effets sur l’homme. À partir de 1933, le vaccin antipesteux EV (pour Evesque, nom de la victime sur laquelle a été isolée la souche du vaccin) est utilisé avec succès à Madagascar où la peste fait près de 4000 morts par an. Le vaccin EV restera le seul traitement efficace contre la peste pulmonaire et sauvera des milliers de vie jusqu’au traitement de la maladie par les sulfamides puis par les antibiotiques.Jean Robic est mort à Pontivy le 28 avril 1968.

Jef Le Penven, compositeur

Organiste et compositeur, Jef Le Penven (Pontivy, 1919 – Douarnenez, 1967) est l’auteur de plusieurs œuvres importantes du répertoire breton, Me zo ganet e kreiz er mor, Les Celtes, Musique de ballet, Le Mystère du Folgoat, Kanadenn penn ar Bed.

Jef Le Penven compose ses premières oeuvres durant la deuxième guerre mondiale alors qu’il dirige l’orchestre de Rennes. À la même époque, il participe à la création de Bodadeg ar sonerien, l’Assemblée des sonneurs. Son œuvre majeure, Kanadenn penn ar Bed – en français Cantate du bout du monde – est créée en 1957 aux fêtes de Cornouaille où elle fait événement.

Jef Le Penven est mort à Douarnenez en 1967.

Jean-Claude Jégat, musicien

Talabardeur (sonneur de bombarde) d’exception, Jean-Claude Jégat (Pontivy, 1941 – 1981) est un des artisans de la renaissance musicale bretonne.

En 1953, il débute l’apprentissage de la bombarde à Kerlenn Pondi, le bagad de Pontivy. En 1969, il donne son premier concert bombarde et orgue, à la basilique Notre-Dame-de-Joie. À partir de 1971, il se produit avec Louis Yhuel, organiste titulaire de la collégiale de Guérande. Après disques, tournées, radios, le duo bombarde et orgue devient un genre musical à part entière.

Jean-Claude Jégat est mort à Pontivy le 3 octobre 1981.

Jean-Pierre Boullé, avocat et constituant

Avocat, baron d’Empire, Jean-Pierre Boullé (Auray, 1753 – Le Vauméno, 1816) est un Constituant de 1789. Sur cette période et les principaux événements de la Révolution française, il a adressé à la municipalité de Pontivy 88 lettres manuscrites, conservées par les Archives municipales.En 1775, J.-P. Boullé termine son droit à Rennes et s’inscrit au barreau de Pontivy. En 1789, il est élu député de la Sénéchaussée de Ploërmel aux États Généraux. Le 9 juillet, il fait partie de l’Assemblée nationale constitutante. Il y siège jusqu’en 1791. En novembre de la même année il est élu maire de Pontivy. En 1792, il abandonne son mandat pour devenir administrateur du Morbihan. En 1793, accusé de fédéralisme et de modérantisme, il est incarcéré à Vannes. Il est libéré en 1794 et en 1795 il est élu député du Morbihan au Conseil des Cinq-Cent (1795). En 1799, il soutient le coup d’état de Bonaparte ce qui lui vaut d’être nommé préfet des Côtes du Nord en 1800. Il occupe cette fonction jusqu’à la chute de l’Empire et sa destitution. Cependant, il est encore nommé préfet de Vendée durant les Cent-Jours, avant de prendre, à sa demande, une retraite définitive.Jean-Pierre Boullé est mort au Vauméno, dans les Côtes du Nord, le 13 juin 1816.
Julien Guégan, prêtre et constituant
Prêtre, Julien Guégan (Péaule, 1746 – Osma, Espagne, 1794) est un Constituant de 1789.En 1778, il est nommé Recteur de Pontivy. En 1789, il est élu par les représentants du bas-clergé député du diocèse de Vannes aux États Généraux. Le 9 juillet, il fait partie de l’Assemblée nationale constitutante. En janvier 1791, il prête serment à la Constitution civile du clergé et, en mars, il est élu évêque de Vannes. Mais il refuse cette diginité. Le siège épiscopal écrit-il est infiniment trop flatteur pour moy. Je n’ai malheureusement ni les talents, ni les forces nécessaires pour une si terrible fonction, et, bien loin de pouvoir augmenter mon fardeau, je devrois bien plutôt songer à la retraite. Un bref du pape le conforte dans sa décision. Plus tard, il rétractera son serment. Aussi, s’il revient de sa députation à Pontivy entouré de l’estime générale, en 1792 il se voit contraint à l’exil.Julien Guégan est mort de la fièvre jaune à Osma, en Espagne, le 15 mai 1794.

Charles Beslay, doyen de la Commune de Paris

Ingénieur et homme politique, député de Pontivy, Charles Beslay (Dinan, 1795 – Neufchâtel, Suisse, 1878) a présidé la Commune de Paris.

En 1830, Ch. Beslay est entrepreneur sur le canal de Nantes à Brest lorsqu’il réussit à calmer la révolte des bagnards du camp de Glomel qui marchent sur Pontivy. L’année suivante, il est élu député de la circonscription de Pontivy. Son entrée à la Chambre marque le début d’une carrière politique qui le conduit, en 1848, à l’Assemblée constituante et, en 1871, à la Commune de Paris, qu’il préside en qualité de doyen d’âge.

Républicain, franc-maçon, libre penseur et disciple de Proudhon, Charles Beslay a fini sa vie en exil, en Suisse, où il est mort le 30 mars 1878.

Ferdinand Le Drogo, champion cycliste

Champion cycliste, Ferdinand Le Drogo (Pontivy, 1903 – Vannes, 1976) a remporté deux titres de Champion de France sur route et une étape du Tour de France.Tout d’abord licencié au Veloce club pontivyen, F. Le Drogo débute sa carrière professionnelle en 1926. En 1927, il remporte le Championnat de France sur route devant Charles Pélissier et prend le départ du 21e Tour de France sous le maillot de l’équipe Dilecta Wolber. Vainqueur de la cinquième étape entre Cherbourg et Dinan, il revêt le maillot jaune à l’arrivée de l’étape suivante à Brest, avant d’abandonner dans la neuvième étape. En 1928, il remporte son deuxième titre de Champion de France devant André Leducq. En 1931, il est deuxième du Championnat du monde sur route, derrière l’Italien Learco Guerra. Il met fin à sa carrière en 1936.Ferdinand Le Drogo est mort à Vannes le 1er avril 1976.

Olivier Boivin, médaillé olympique

Champion international de course en ligne, le canoéiste Olivier Boivin (Saint-Brieuc, 1965 -) est médaillé des jeux olympiques de Barcelone en 1992.

Licencié au canoë-kayak club pontivyen (CKCP), O. Boivin court en équipe de France en canoë biplace (C2) avec le boulonnais Didier Hoyer. De 1989 à 1994, les deux hommes disputent à cinq reprises les championnats du monde ou les jeux olympiques et remportent sept médailles d’argent et de bronze, sur 200, 500, 1000 et 10000 m, dont une médaille de bronze, sur 1000 m, en 1992, aux jeux olympiques de Barcelone.

Ange Guépin, médecin et homme politique

Médecin, écrivain et homme politique, Ange Guépin (Pontivy, 1805 – Nantes 1873) est un philanthrope qui a milité toute sa vie pour le progrès social.

Né dans la rue du Fil à Napoléonville, Ange Guépin fait ses études aux collèges royaux de Pontivy et de Rennes avant de rejoindre Paris où il entre à la faculté de médecine (1824). C’est au cours de ses études dans la capitale qu’il entre en contact avec les milieux républicains et saint-simoniens. Docteur en médecine en 1828, il ouvre un cabinet à Nantes. Professeur à l’école de médecine, il crée le premier dispensaire nantais gratuit pour les indigents (1840) et sera l’un des premiers « oculistes » à opérer de la cataracte.

Engagé très tôt en politique, il participe activement à la Révolution de 1830, sera élu plusieurs fois conseiller municipal de Nantes et conseiller général de Loire-Inférieure, et assurera à deux reprises les fonctions de préfet. En 1871, il soutient la Commune de Paris tout en dénonçant les violences qu’elle engendre.

Partisan de l’égalité hommes-femmes, convaincu des bienfaits de la science pour faire progresser l’humanité, il livre ses réflexions sur l’évolution de la société dans plusieurs ouvrages, dont Nantes au XIXe siècle écrit en collaboration avec Eugène-Charles Bonamy en 1835.

Ange Guépin est mort à Nantes le 21 mai 1873. Il est inhumé au cimetière de la Bouteillerie (Nantes).