Q comme Antoine Quinivet (1808-1872)

Pour les pontivyens de souche, Quinivet est un nom évocateur. Il a été attribué à la rue qui traverse le quartier de Tréleau ainsi qu’a une ancienne école. Dans ces deux cas, il s’agissait de rendre hommage à un illustre pontivyen, le général Hubert Quinivet. Pourtant, l’histoire de la ville également beaucoup à un autre Quinivet, le père du Général…

Formation de l'île des Récollets entre le Blavet (en noir) et le Canal de Nantes à Brest (en Rouge) creusé dans la première moitié du XIXe siècle. Détail d'un plan de l'architecte Marsille, XIXe siècle. Archives municipales de Pontivy.

Formation de l’île des Récollets entre le Blavet (en noir) et le Canal de Nantes à Brest (en Rouge) creusé dans la première moitié du XIXe siècle.
Détail d’un plan de l’architecte Marsille, XIXe siècle.
Archives municipales de Pontivy.

Antoine Quinivet est né en 1808 à Saint-Nicolas-des-eaux. Il suit la trace de son père et devient tailleur de pierre puis appareilleur (ouvrier chargé de tracer et de mettre l’appareillage de la maçonnerie). En 1932, il épouse Françoise Le Cam, qui lui donnera deux fils, Pierre (né en 1835) et Hubert (né en 1836). En 1837, il prend son indépendance et crée sa propre entreprise de maçonnerie.
Alors qu’il n’avait jamais songé à orienter son activité vers le fleuve, une occasion se présente à lui. En 1846, l’Etat doit réaliser la réfection du déversoir de Saint-Nicolas des Eaux. Quinivet en devient l’adjudicataire. Par la même occasion, il achète le vieux moulin de Saint-Nicolas qui ne fonctionne plus depuis plusieurs années. Il rase le bâtiment et en reconstruit un nouveau sur ses fondations. La production de farine est relancée. Incendié en 1859, le moulin ne sera jamais reconstruit. Quinivet n’en reste pas là. il diversifie son activité sur le fleuve. Dans les décennies qui suivent, il obtient, tour à tour, l’amodiation d’un bac à Tréblavet (Saint Barthélémy), l’adjudication des droits de pêche sur le Blavet et le canal à Pontivy (1852).

Moulin des Récolets aujourd'hui. Archives municipales de Pontivy.

Moulin des Récolets aujourd’hui.
Archives municipales de Pontivy.

Mais son oeuvre principale, Antoine Quinivet l’établie à Pontivy. En 1847, il fait l’acquisition de trois terrains importants à Pontivy. Si l’utilisation des deux premiers n’est pas un secret (il s’agit de chantiers sur lesquels Quinivet a l’intention de stocker ses matériaux de construction), l’utilité du troisième terrain est alors plus énigmatique. Ce terrain est une île crée par l’aménagement du bassin de jonction et qui se trouve à l’emplacement où se situait autrefois le couvent des Récollets. A l’époque où elle est acheté par Antoine Quinivet, cette île est un vaste terrain vague.

En 1852, Quinivet demande l’autorisation d’y élever une minoterie. Malgré l’opposition de plusieurs minotiers de Pontivy, l’Etat lui accorde la concession en 1856. Achevé en 1859, le moulin débute son activité en 1860. Parmi tous les moulins établis sur le Blavet à Pontivy, ce sera celui qui produira le moins. Dans les années qui suivent, il diversifie son activité son l’île. Il aménage une écurie en 1862, ouvre une brasserie avec l’aide de son gendre, Henri Duringer, et y installe également une scierie mécanique.

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Vue sur le Lavoir et la brasserie des Récollets. début XXe siècle. Archives Municipales de Pontivy, 1Fi632.

Il décède en 1872. Les installations de l’île des Récollets restent entre les mains de la famille jusqu’au début du XXe siècle où elles sont rachetées par le brasseur Eugène Schmitt.

Panneau de l'exposition "Pontivy et le Blavet" 2018. Archives municipales de Pontivy

Panneau de l’exposition « Pontivy et le Blavet » 2018.
Archives municipales de Pontivy

 

 

 

 

 

 

 

 

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