U comme Uniforme

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Soldats du 42e régiment d’artillerie au pied de l’escalier d’honneur du château, vers 1915. (Archives municipales de Pontivy, 1Fi289)

S’il est bien un personnage récurrent lorsque l’on regarde les cartes postales de Pontivy au début du XXe siècle, c’est le soldat. On le retrouve dans toutes les situations : lors de courses de chevaux, lors des revues sur la place d’arme, attendant que les lavandières aient terminé de laver leur linge ou tout simplement posant devant une maison. On le retrouve sur pas moins de 115 des 763 cartes postales anciennes de la sous-série 1Fi et il est le sujet central de 34 d’entre elles. Cela en fait l’un des best-sellers de la carte postale sur Pontivy. C’est dire l’importance qu’il avait dans le paysage pontivyen de la Belle époque.

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Revue du 2e régiment de Chasseurs à cheval sur la Place Nationale, vers 1905. (Archives municipales de Pontivy, 1Fi160)

Il existe une petite garnison à Pontivy dès l’Ancien régime, mais c’est à la Révolution française, avec le besoin de pacifier les campagnes environnantes, en proie à la chouannerie, que des troupes importantes y sont installées. L’Empire y établit ensuite un régiment de cavalerie et aura pour projet de lui adjoindre un régiment d’infanterie (projet qui ne verra jamais le jour). De 1811, date d’ouverture de la caserne du Quartier Clisson, à 1927, date du départ du dernier régiment, pas moins de 9 régiments de cavalerie se sont succéder à Pontivy. La ville accueille tour à tour des lanciers, des dragons, des chasseurs et des hussards.

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Courses des sous-officiers du 2e régiment de chasseurs, début XXe siècle. (Archives municipales de Pontivy, 1Fi292)

En février 1886 arrive un régiment qui va particulièrement marquer l’histoire de la ville, le 2e régiment de chasseurs à cheval. Cette unité va rester en garnison à Pontivy durant quarante ans, presque sans interruption. Reconnaissables à leur veste claire (elle est bleu ciel), les chasseurs à cheval apparaissent sur la plus grande partie des cartes postales mettant des militaires en scène. Il est vrai que les 700 cavaliers qui s’installent en ville ne peuvent passer inaperçus d’autant qu’ils représentent près d’un dixième de la population.

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Soldat du 2e chasseurs sur une bicyclette, 1903. (Archives municipales de Pontivy, 1Fi417)

Avec le déclenchement de la première guerre mondiale, la présence des militaires devient beaucoup plus importante.La ville accueille jusqu’à quatre dépôts régimentaires différents. Celui du 2e chasseurs, bien entendu, mais également ceux du 13e régiment de hussards et des 17e et 42e régiments d’artillerie de campagne. A ces dépôts s’ajoutent plusieurs hôpitaux militaires, installés au lycée, à l’école primaire supérieure de jeunes filles et dans les communes alentour. Pontivy et sa région deviennent une véritable ruche militaire. Mais cela ne dure que jusqu’en 1917. Les dépôts des deux régiments de cavalerie sont alors redirigés vers Tours au grand damne de la population qui compte sur les revenus que lui rapporte la garnison.
Le 2e régiment de chasseurs ne revient qu’en 1919. En octobre 1927, malgré les suppliques de la municipalité, le régiment quitte Pontivy.

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2e chasseurs, la corvée, début XXe siècle. (archives municipales de Pontivy, 1Fi291)

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