Y-a-t-il un pont à Pontivy?

Durant toute l’histoire de Pontivy, les ponts ont tenu une place centrale. Et pourtant, la question de leur entretien et de leur construction a souvent été compliquée.

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Pont de l’hôpital, début XXe siècle. (Archives municipales de Pontivy, 1Fi210)

Pontivy prend ses origines dans la création d’un pont. On en retrouve l’histoire dans le nom même de la ville qui vient de Pont d’Ivy. A la fin du VIIe siècle, un moine venant de Lindisfarne en Grande-Bretagne, s’installe au bord du Blavet pour y établir un oratoire. Ce moine, qui s’appelle Ivy, construit alors un pont sommaire sur le fleuve, le seul à plusieurs kilomètres. Au fil des siècles une petite bourgade se crée aux abords du pont. Conscient de son emplacement stratégique, tant d’un point de vue économique que d’un point de vue militaire, les Rohan, seigneurs de Pontivy, y établissent un château et un péage. Le pont est alors un lieu de passage important qui permet à la ville de se développer.

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Pont du quartier, début XXe siècle. (Archives municipales de Pontivy, 1Fi206)

Sous l’Ancien régime, le pont de l’hôpital est un pont à tablier en bois reposant sur des piliers en maçonnerie. Il se trouve à quelques mètres en amont du pont actuel, arrivant dans le faubourg de Tréleau par la porte de Carhaix. Ce pont, qui est en mauvais état, pose de nombreux problèmes. Il fait l’objet de conflits entre la communauté de ville et les Rohan qui sont accusés de ne pas l’entretenir suffisamment. D’autre part, ses imposants piliers forment une barrière à l’écoulement des eaux dans le lit du Blavet et provoque son ensablement. Chaque hiver d’importantes inondations du quartier de Tréleau en sont le résultat. Les tentatives de curage du fleuve n’y changent rien.

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Pont de la ligne de chemin de fer, construit au début des années 1860, au début du XXe siècle. (Archives municipales de Pontivy, 1Fi427)

Au début du XIXe siècle, il devient important de construire un nouveau pont en face de la caserne. En 1808, un pont provisoire en bois est édifié. Il se trouve alors à quelques mètres en amont du pont actuel, en face de la rue du tribunal. En 1824, ce pont est déjà en mauvais état et présente une gêne pour la navigation sur le canal en raison de son tablier trop bas. En 1828, une partie du pont de l’hôpital est emporté lors d’une crue. Il n’est réparé que sommairement. La question de la construction d’un nouveau pont devient donc une préoccupation centrale de la municipalité. Mais il faut attendre le début des années 1830 pour que le projet soit réellement lancé. En 1834, l’effondrement partiel du pont de la caserne accélère l’action de la municipalité. Les travaux débutent en 1837 et durent jusqu’en 1839. Pour le Pont de l’hôpital cela prend plus de temps. Bien que l’ancien menaçant de s’effondrer à tout instant, le nouveau pont, construit dans l’alignement de la rue de Malguénac, n’est achevé qu’en 1854.

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Pont neuf, aujourd’hui rebaptisé Pont Robic, au début du XXe siècle. (Archives municipales de Pontivy, 1Fi226)

A la fin du XIXe siècle, la municipalité décide de construire un troisième pont afin de désenclaver le sud de la ville. Après plusieurs projets, le pont est finalement construit entre le parc Charles Langlais et le faubourg de Verdun en 1905. Il aura fallu vingt ans pour voir l’accomplissement de ce projet, qui permettra, à l’issue de la Grande guerre de développer un quartier nouveau, celui de Bolumet.

 

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